A SAVOIR

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TOUR D’HORIZON des CINEMAS AFRICAINS

Champ contre-champ (dialogue) : Interview d’un cinéphile en 1ère année de philologie germanique, Louvain, avril 2002 

(tiré de L’Afrique ? Quel cinema ! de Guido Convents, éditions EPO (Belgique), 2003)

« Question : As-tu déjà vu un film africain ?

Réponse : Oui, Out of Africa avec Robert Redford !

Q : Non, je veux dire un film d’un africain !

R : Un film d’un noir, oui, un film de Spike Lee !

Q : Non, je veux dire un film originaire d’Afrique… un film d’un réalisateur africain !

R : Ah ! J’ignorais qu’il y avait des Africains qui faisaient des films. »

Panoramique horizontal : AFRIQUE EN BREF

• Pays définis par la conférence de Bismarck en 1884

• 53 pays, 2000 langues parlées

• 4 zones linguistiques post-coloniales : francophone, anglophone, lusophone (portugais) et arabophone

• Situation économique difficile : dette et remboursement (23,8% du PIB du continent) ; richesses pillées.

• Situation politique instable : monopole du pouvoir, élections trafiquées, coups d’Etat (60 entre 1952 et 1989), corruption, assassinats de leaders emblématiques (Patrice Lumumba, Thomas Sankara)

• Population en difficulté (pauvreté, famine, maladie, chômage, analphabétisme).

Travelling arrière :

• Première projection en Afrique en 1897 à Tunis

• Films coloniaux : encensent l’œuvre civilisatrice des occidentaux et la suprématie de l’Occidental sur l’Indigène (ex : Chez les Cannibales, Chez les buveurs de sang, Au pays des sorciers. Films pour colons / Films pour autochtones

• Films évangéliques : films éducatifs pour l’évangélisation des populations

• Films ethnographiques : Jean Rouch, Marcel Griaule… filment « objectivement » les populations même si celles-ci pensent que « l’œil de l’étranger ne voit que ce qu’il sait » (proverbe ghanéen)

Gros Plan : PREMIERS FILMS

• 1907 : au Maroc, Félix Mesguich fait un film d’actualité sur Casablanca

• 1922 : le tunisien Chemama Chikly réalise le premier film de fiction du continent : Zohra, suivi en 1924 du premier moyen-métrage La fille de Carthage.

• 1927 : l’Egypte démarre son industrie indépendante de cinéma

• 1934 : Le Décret Laval de mars (futur bras droit de Pétain), veillant aux tournages en Afrique, fut une entrave majeure pour l’accès des autochtones à la caméra et aux tournages sur leur propre territoire.

Plan d’ensemble : PRODUCTION DISTRIBUTION EXPLOITATION

• Dépendance des pays ouest africains envers la France (financement) ; récupération des British Film Units dans les pays anglophones ; production tardive en Afrique lusophone (1974-1975) ; enseignement cinématographique à l’étranger (France, URSS, USA) pour les futurs réalisateurs africains.

• Distribution monopolisée par la COMACICO et la SECMA en France, le MPEAA (Motion Pictures Export Association of America) aux Etats-Uns

• 1966 : Création des Journées Cinématographiques de Carthage en Tunisie 1969 : Création du FESPACO

• Dans les années 1970, la Guinée, l’Algérie, le Burkina Faso, le Bénin et le Mali nationalisent leur industrie cinématographique, mais à cause du boycott des distributeurs ces pays doivent céder et faire des concessions (toujours à l’avantage des distributeurs étranger

• 1970 : création de la FEPACI (Fédération Panafricaine de Cinéma) pour fédérer les pays membres autour de la survie du cinéma

Zoom avant : AGE D’OR DU CINEMA AFRICAIN

• 1974 : Création du CIDC (Consortium Interafricain de Distribution Cinématographique)

• 1975 : Chronique d’une année de braise de Lakhdar Amina : Palme d’or à Cannes ; rédaction de la Charte d’Alger par la FEPACI qui définit le rôle des cinéastes

• 1980 : Le CIDC récupère les circuits de diffusion d’UGC (ex COMA-SEC)

• 1982 : Manifeste de Niamey établit les règles de la production et de la distribution des films en Afrique

• 1987 : Yeelen de Souleymane Cissé Prix du jury à Cannes. Réappropriation de l’image, de la culture, de l’identité africaine et reconnaissance internationale

Zoom arrière : DESILLUSION

• 1984 : fin du CIDC (pas de billetteries nationales ; pas de financements des Etats)

• Stagnation des productions africaines (non investissement des gouvernements ; réalisations très longues ; galères de tournage, manque de financements)

• Manque flagrant de techniciens

• 1998 : arrêt de la seule revue de cinéma africaine Ecrans d’Afrique créée en 1991

Plan général : PAYS PHARES

• Egypte (production indépendante depuis 1920) ; Maroc (Centre Cinématrique depuis 1944 : 15 longs-métrages soutenus) ; Burkina (prod régulière de films et Fespaco) ; Nigéria (dit « Nollywood » : 650 films par an, environ 3 millions de dollars engendrés) ; Afrique du Sud (production de qualité dont un Ours d’Or à Berlin en 2006 pour U-Carmen et un Oscar pour Tsotsi)

Panoramique vertical bas en haut : ETAT ACTUEL DE LA PRODUCTION

• Financements étrangers (Ministère des Affaires Etrangères, Fonds Sud, Canada, Francophonie) plus télévisions (Arte, BBC, Channel 4, TV sud-africaines)

• Critères étrangers pour le financement des créations : alternatives auto-productions (Africa Paradis) ou bricolage

• Arrivée du numérique (DV quatre fois moins cher que le 35mm)

• Faire un film reste un luxe pour les cinéastes

Plan large : ETAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION

• En Afrique : cinéma africain étranger sur son propre territoire : Les réalisateurs sont distributeurs ; société de distribution préfèrent les films américains ; il y a la concurrence des vidéo clubs et des films piratés

• En Europe : Il est plus facile de voir des films africains dans le réseau Art et essai ou dans des festivals. Succès de Bamako (200 000 entrées) mais peu de films à l’affiche (entre 1980 et 93, sur 6000 films distribués en France, 25 sont africains !)

• Edition de DVD (Médiathèque des Trois Mondes ; MK2)

Zoom arrière : ETAT ACTUEL DE L’EXPLOITATION

• En Afrique : monopole des films américains au cinéma et à la télévision fermeture des salles de cinéma (mauvais état, manque d’argent, succès du DVD et de la TV et du satellite). En Afrique du Sud lancement du VOD (vidéo à la demande). Au Nigeria boom vidéo. Le numérique serait une solution. Il y a des initiatives comme le CNA (Cinéma Numérique Ambulant) dans les villages

• En Europe : diffusion cantonnée Art et Essai très dure (si le film n’a pas de succès il disparaît de l’affiche à la 4e semaine) ; festival réservé aux initiés (exemple du NY Festival à Harlem : pas de noirs !)

CLAP DE FIN : 

Fondu au noir

GENERIQUE : Scénario et texte : Claire Diao ; Mise en titre : Robert Savoi

Et AUJOURD'HUI ?

ARTICLE DE CLAIRE DIAO

Retour sur la diffusion 2009 de films africains en France (par Claire Diao - samedi 30 janvier 2010 - Afrik.com)

    " Le magazine des professionnels du cinéma français Le Film Français diffusait, hier, le bilan 2009 de l’exploitation des films en France. L’Afrique est, comme toujours, faiblement présente et l’Afrique du Nord majoritairement représentée par rapport aux autres parties du continent.
    C’est un fait. Dans le classement des films sortis dans les salles françaises entre le 31 décembre 2008 et le 29 décembre 2009, seuls 9 films africains co-produits par la France apparaissent parmi les 676 films cités.
    Alors que le film d’animation américain L’âge de glace 3 prend la tête du classement avec plus de 7 millions d’entrées dans 114 salles françaises, le film africain le mieux classé arrive en 310e position. Il s’agit de London River de Rachid Bouchareb, long-métrage co-produit par la France, l’Algérie et la Grande-Bretagne dont l’acteur Sotigui Kouyaté a été sacré meilleur acteur au dernier Festival de Berlin. Cette fiction basée sur les attentats meurtriers de Londres en 2005 cumule 31 237 entrées dans seulement 7 salles françaises.
    Arrive ensuite Inland, d’un autre réalisateur algérien, Tarik Teguia, à la 374e place du classement. Co-produit par l’Algérie et la France, ce long-métrage racontant l’histoire d’un topographe algérien et d’une immigrée malienne a mobilisé 12 356 spectateurs dans 2 salles françaises. A quelques places de là, au 383e rang, se trouve Number One de la réalisatrice marocaine Zakia Tahiri. Entièrement produit par le Maroc, cette comédie sentimentale entre un homme autoritaire et sa femme a séduit 11 720 personnes dans 8 salles de cinéma. En 439e place, c’est de nouveau un réalisateur algérien qui cumule 6916 entrées : Djamel Ouahab. Documentaire-témoignage sur les premiers essais atomiques français dans le Sahara entre 1960 et 1966, Gerboise Bleue, co-production franco-algérienne, n’a bénéficié que d’une seule salle pour sa sortie française.
    Au classement aussi se trouve, en 459e position, le long-métrage Après l’océan de la réalisatrice française Eliane de Latour qui a été co-produit par la France, la Côte d’Ivoire et la Grande-Bretagne. En cumulant 5775 entrées dans 3 salles de cinéma, ce long-métrage sur le retour au pays des immigrés est la première entrée dans le classement 2009 d’un pays d’Afrique de l’Ouest. Bien loin derrière arrive un autre film réalisé par un étranger, l’américain Lee Isaac Chung, co-produit par le Rwanda et les États-Unis. Munyurangabo, sorti dans une seule salle de cinéma, a reçu le soutien de 389 spectateurs. "

Liens sur le cinéma africain :

Afrique

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REPERES SUR L'AFRIQUE

Géographie:


En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez une carte de l’Afrique vous permettant d’obtenir des informations sur chacun des pays. 

Données

Histoire africaine : 

Histoire générale
http://www.africa-onweb.com/histoire/histoire1.htm
http://www.cosmovisions.com/ChronoAfrique.htm

Histoire des femmes
http://clio.revues.org/document373.html

Thèmes

Ethnie
http://www.artethnique.com/ethnies.php

Langues
http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_africaines

Colonisation
http://www.histoire.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=292

Arts
http://www.lyphan.freesurf.fr/indexbis.html

Cuisine
http://www.cuisine-afrique.com/