
Pas de photos du film

Après une Licence en Cinéma, Sciences et techniques de l'audiovisuel,
Missa Hébié effectue des stages en Europe et au Canada. Il a réalisé
plusieurs documentaires, des fictions courts et moyens métrages entre
1987 et 2003 dont 2 séries : Commissariat de Tampy en 2006 qui a
rencontré un fort succès en Afrique Francophone et Sita en 2000.
Il a commencé comme
assistant-réalisateur sur Wendemi (Pierre Yaméogo, Burkina Faso, 1994).
En 2003 il réalise un court métrage de
fiction
Djarabi. Missa Hébié a occupé divers postes de responsabilité dont
Adjoint au Secrétaire permanent du Fespaco et Directeur Adjoint des
programmes de la Télévision Nationale du Burkina.
Il a réalisé Le Fauteuil (2009), long
métrage sélectionné au FESPACO 2009 (Burkina Faso).
En attendant le vote, son second
long-métrage est
une adaptation du célébre roman En attendant le vote des bêtes sauvages
d'Ahmadou Kourouma.

Fils du réalisateur, Missa Hebié, Ibrahim fait une école de cinéma à
Paris. Il a travaillé sur la production du film de son père, Le
fauteuil.
S'il y a un film qui fait honneur à la femme africaine, c'est bien « Le Fauteuil », qui déroule son tapis rouge à Norah Kafando, Mme Ouédraogo dans la fiction. En effet, celle-ci accède à un poste de responsabilité ! L'enfer se déchaîne : entre un mari jaloux, des enfants délaissés et exposés, un DG (directeur général) déchu et amer, un personnel réfractaire à tous changements, la nouvelle responsable d'une société publique dans le domaine des mines doit également supporter les préjugés sociaux et concilier ses obligations de patronne et d'épouse.
Sont ainsi abordés dans ce film, les problèmes de favoritisme et de promotion, de style de management, de harcèlement sexuel en entreprise, de rumeurs et de délation, de trafic d'influence, d'impunité. « Le Fauteuil », selon son réalisateur, est un siège éjectable où chacun vient s'asseoir et apporte sa touche personnelle. Il peut être un lit, un brûlot, un cercueil ou un tremplin. C'est, dit-on, à chacun d'en faire ce qu'il veut.
L'auteur de la série policière « Commissariat de Tampy » aborde donc plusieurs thèmes d'actualité en mettant à nu les problèmes de la bonne gouvernance. Et « Le Fauteuil » est un miroir qui pourrait aider certains de nos gouvernants à soigner notamment leurs plaies hideuses qui grippent le développement de nos pays. Il est donc une critique des dérives, même au petit niveau de l'administration ainsi qu'au niveau des rapports purement entre les hommes de nos jours, ponctués malheureusement d'hypocrisie, de manque de responsabilité, d'arrogance et de mensonges. Pour tout dire, les valeurs d'intégrité chères à notre Afrique se sont effritées au fil du temps. Et c'est ce que le film de Missa Hébié tente de nous démontrer, même s'il ne se passe pas un jour ou la presse ne relaye les frasques de rejetons de hautes autorités si ce n'est pas elles-mêmes.
Dans « Le Fauteuil », l'enfant de la directrice générale, Mme Ouédraogo, qui a failli passer de vie à trépas suite à un accident, après avoir subtilisé le véhicule de service de sa pauvre mère pour « prendre le maquis » avec ses autres camarades « fils à papa », est une des nombreuses scènes déjà évoquées par des médias dans plusieurs contrées. Même si, certains reprocheront au réalisateur de n'avoir pas « tué » ses enfants irresponsables rendant la fin du film assez jovial, le film est quand même moralisateur. Et comme généralement dans les épisodes de la série « Commissariat de Tampy », Missa Hébié achève ses films sous un ton assez jovial où la morale s'invite toujours.
Aujourd'hui, son message s'adresse à toutes les couches socioprofessionnelles pour une nouvelle société débarrassée de ses maux déjà cités et pour une réelle promotion de la femme qui mérite un meilleur regard, un traitement digne, un meilleur rôle dans la société.
Aux féministes de travestir les idées du réalisateur en récupérant l'oeuvre pour une quelconque propagande. Si « Le Fauteuil » est un film intéressant grâce à un bon dosage de comédiens professionnels et d'amateurs, il reste que des problèmes techniques y figurent à l'image du mauvais maquillage illustrant les traces de la bastonnade de Mme Ouédraogo par son mari jaloux et infidèle. « Le Fauteuil » est un beau film qui dénonce, instruit, interpelle et sensibilise.
Noraogo Sawadogo - 6 mars 2009 - AllAfrica.com